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mur berlinComment détruire en nous les murs qui nous enferment ? Comment casser cette chape de béton qui nous cache la source claire et vitale de notre être profond ?

Comment ouvrir ces frontières qui nous éloignent des autres et les gardent à distance ?

Où allons-nous trouver le bulldozer avec lequel pulvériser d’un coup ces barrières infranchissables, ces masses de ciment et de ferrailles qui nous enserrent ?

Désolé, je ne trouverai nulle part ce bulldozer miracle. Et vous non plus. Et je ne vous souhaite pas de l’utiliser si vous croyez l’avoir trouvé. Vous détruiriez tout. Vous écraseriez la source sous les décombres et vous risqueriez de blesser ceux qui vous entourent.

Prendre le temps

Il va nous falloir utiliser des instruments qui sont à notre portée : une masse peut-être, mais parfois un simple marteau, voire un pinceau comme en utilisent les archéologues sur les chantiers de fouille ; et puis du temps, cet outil impalpable, sans lequel aucun changement ne peut s’opérer en profondeur.

Attendre pour laisser l’eau de la source retrouver sa clarté quand j’ai remué le fond boueux. Attendre pour laisser la souffrance advenir et faire son œuvre en passant. Attendre pour laisser à l’autre le temps de prendre sa place, le temps d’exister tout simplement. Il faut savoir attendre pour que la vie change, selon l’expression de François Roustang.

Laisser l’autre existermur ouverture

Avec le temps pour allié et le travail quotidien au rythme de nos outils d’archéologue du présent, commençons par ouvrir des brèches. Laissons passer la lumière d’abord pour commencer à y voir clair. Puis agrandissons ce premier passage pour regarder au-dehors. Remettons-nous à l’ouvrage pour passer un bras et saluer de la main ceux qui sont de l’autre côté.

Et quand nous aurons assez travaillé pour passer la jambe puis le corps entier, allons vers les autres, les bras ouverts simplement. N’invitons pas les autres à entrer dans notre ancienne forteresse, ne les tirons pas de force à l’intérieur. Ne les manipulons pas non plus pour les séduire en les forçant à boire à notre source. Laissons-leur la liberté de boire à leur propre identité.

Plus tard, quand nous aurons fait tomber des pans entiers de notre vieux mur, ils passeront eux-mêmes de l’autre côté, allant et venant à leur guise, sans contrainte.

Alors, nous pourrons nous asseoir ensemble dans les grands espaces, prendre le temps d’admirer et partager nos émerveillements.

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