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C’est un jeune Rwandais prénommé Merveille qui m’apprit à découvrir la puissance de l’émerveillement dans ma vie et celle des autres. Une leçon de vie qui passe par le regard : considérer l’autre comme un prince, c’est lui ouvrir son chemin de liberté.

Tim GuénardAimer l’autre, c’est l’ouvrir à la vie, non le posséder. C’est le rendre à sa liberté et non l’enfermer dans notre propre égoïsme. De même, être capable de s’émerveiller face à ceux que nous rencontrons, c’est leur donner la liberté d’être totalement ce qu’ils sont. Accueillir l’autre (et c’est encore plus vrai pour l’autre quand il est blessé par la vie), c’est lui permettre de quitter ses masques sociaux, culturels ou professionnels pour être en vérité. Ainsi libéré, il peut reprendre sa route vers l’avenir.

L’une des plus belles leçons qui me fut donnée de ce point de vue, a eu lieu au cours d’un atelier d’écriture que j’animais pour des jeunes en grande errance sociale et professionnelle : Il y avait parmi eux un jeune Rwandais qui avait connu le génocide et dont le prénom était, cela ne s’invente pas : “Merveille“.

J’avais proposé à ces jeunes garçons et filles de travailler à partir du livre de Tim Guénard, Tagueurs d’espérance, dans lequel celui-ci raconte sa terrible enfance et son chemin de résurrection : comment lui, Tim, ce pauvre gosse battu par son père, livré aux errances de la rue, est devenu cet être accompli, aimé et admiré de tous, qui recueille dans sa ferme d’apiculteur, des jeunes en difficulté qui lui sont confiés par la justice, et comment il les remet sur le chemin de la vie et de l’espoir. C’est pour eux qu’il a écrit ce livre, « pour tous ceux qui ont des cœurs chiffonnés, des mémoires cabossées, qu’ils puissent aller au goutte-à-goutte de l’espérance pour ne pas subir le destin mais pour rebondir et innover ».

Au début de mon atelier d’écriture, ce matin-là, je lisais donc des passages choisis du livre de Tim. Quand j’en suis arrivé aux pages où Tim Guénard parlent de ces jeunes qu’ils accueillent, quel que soit leur passé, quel que soit leur look, et où il explique qu’il les regardent comme des princes qui l’émerveillent, j’ai vu se dessiner sur le visage de Merveille un sourire immense tandis que tout son corps se redressait et se déployait : pour la première fois de sa vie, son prénom prenait pour lui tout son sens : il était Merveille et cela voulait dire quelque chose. Quelque chose d’infiniment beau. Découvrant le sens de son prénom, Merveille pouvait enfin commencer à être lui-même. Il pouvait commencer à vivre.

En même temps lui aussi m’offrait un cadeau et m’ouvrait un chemin de vie, celui de découvrir la puissance de l’émerveillement dans ma vie et celle des autres.

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pict0020-copierEmerveiller… Le verbe n’inspire guère les auteurs de dictionnaires, qui s’en tire par des définitions souvent lapidaires. Pour Le Petit Robert, émerveiller c’est « frapper d’étonnement et d’admiration ». Pour le Petit Larousse, c’est « inspirer une grande admiration ». Pour Littré, c’est encore plus simple jusqu’à répéter le substantif : « étonner par une sorte de merveille ». Voilà qui nous avance sur le chemin de la compréhension !

Autant revenir à l’étymologie, la source idéal pour revenir aux sens d’un mot. Emerveiller dérive du préfixe « e » et de « merveille », mot issu du latin « mirabilia« , « les choses étonnantes, admirables ».

Dans son premier sens, vieilli, le mot merveille évoque prodiges et miracles, des prodiges de la Légende Dorée à ceux d’Alice au pays des merveilles.

Mais le sens usuel est celui d’une chose qui suscite l’étonnement et l’admiration, en général en raison de sa beauté, de sa grandeur, de sa perfection ou de ses qualités exceptionnelles. Par exemple les sept merveilles du monde.

S’émerveiller devant les pyramides d’Egypte, c’est ressentir un sentiment d’admiration devant la grandeur et la beauté de ces monuments.

Mais qu’est-ce que l’admiration ? C’est un sentiment complexe d’étonnement, de joie et d’épanouissement devant ce que l’on juge supérieurement beau, bon ou grand. La force de ce sentiment est indiqué par les verbes ou locutions verbales généralement associés au mot admiration : être ou tomber en admiration, être béat ou être saisi d’admiration, se pâmer ou être plein d’admiration.

Approchons-nous encore un peu plus près du sens avec cette citation de Paul-Emile Victor : “Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie.

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