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Posts Tagged ‘joie’

La nouvelle année a commencé. Nous avons pris des résolutions, imaginer de nouveaux projets, échanger des vœux, espérer des lendemains plus enchanteurs. Mais avons-nous pris le temps de nous retourner sur les merveilles de l’année passée ? Sur les moments de joie mais de souffrances aussi parfois, comme le prouve ce texte envoyé par un internaute : « Rendre grâce pour l’année qui s’achève ». De cet acte de gratitude jaillira la lumière qui éclaire les chemins de l’avenir.

Rendre grâce pour l’année qui s’achève

Pour l’amitié et sa célébration solaire et magnifique : pour vous qui avez traversé ma vie et mon âme, pour les routes parcourus ensemble au plus noir de nos nuits et aux petits matins clairs après la pluie des larmes, quand la solitude fond sous la chaleur des cœurs partagés

Pour les déchirures intérieures qui fondent l’apprentissage du mieux aimer

Pour elle, la femme de mon vie, et pour la joie qui s’échappe d’une boucle blonde de sa lointaine et si proche enfance

Pour eux, mes fils et mes filles, qui s’ouvrent à la jeunesse et à la folle beauté du monde

Pour ton œuvre en moi, mon Innommé, mon consolateur, ma lumière et la merveille de mon âme

Pour les joies du métier, nos échanges, rencontres, apprentissages, fatigues et instants de grâce suspendus

Pour les jours de maladie qui m’ont offert des chemins de résurrection après le silence et l’enfouissement

Pour les rires de l’été dans la lumière de midi et les vents clairs descendus du nord

Pour toutes les choses simples qui ont fait chanter mon esprit, les oiseaux, les arbres et les sourires

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« Je veux me planter au beau milieu de ce que les gens appellent des “atrocités” et dire et répéter : “la vie est belle” », écrit Hetty Hillsum dans son Journal intime. Comment la joie et  la tristesse peuvent-elles ainsi cohabiter au centre de notre expérience humaine ?

Evoquant avec des amis un récent week-end familial en Normandie et leur rapportant les sources d’émerveillement de ces trois jours, j’ai été surpris par la liste que j’en faisais, où se mêlaient la joie et les larmes :

Emerveillement : dans un pré en bordure de la mer, dans les environs d’Omaha Beach, crinière au vent et galopant de conserve, deux juments, l’une à la robe noir de jais, l’autre d’un bel alezan fauve, semblent danser sur un air de jeunesse et de liberté ; cimetière allemand et jardin de la paix de La Cambe terriblement triste et digne où j’ai simplement pleuré ; bouleversement le lendemain en lisant des lettres à leur mère de jeunes soldats américains tués dans la bataille de Normandie, puis en découvrant au Mémorial de Caen les photos de ces femmes juives ukrainiennes quelques minutes avant d’être abattues d’une balle dans la nuque ; émerveillement devant deux vues de Venise par Guardi au musée de Caen, puis quelques heures plus tard devant le ciel étoilé avec au loin le chant des grenouilles dans la nuit ; bonheur tendre et simple d’un après pic-nic au bord d’un ruisseau enchanteur, où avec nos enfants nous avons sorti crayons, fusain et aquarelle pour saisir chacun avec sa sensibilité l’impression des lieux ; jouissance de la sensation du sable tiède sur la peau en contemplant le camaïeu de couleurs bleu et brun formé par le ciel, la mer et la plage ; petits-déjeuners de rêve offerts avec grâce dans la chambre d’hôte où nous étions hébergés ; le sourire de la femme que j’aime ; émotion et sérénité pour finir au cimetière américain de Colleville-sur-Mer face aux alignements impeccables des tombes, symbole de fraternité humaine rehaussée par le mélange des croix chrétiennes et des étoiles juives. 

Une manière d’être au monde

Comment osais-je parler d’émerveillement alors que j’évoque des émotions pleines de vie à côté de ce déchirement de tout l’être suscité par la mort et ces larmes impossibles à retenir face aux photos du massacre des juifs en Europe central, cette horreur sans nom que l’on appelle la shoah par balles ?

Sur le moment, je n’ai pas cherché à comprendre, car ces émotions, loin d’être successives, se mélangeaient au point de ne plus se distinguer. Mais toutes me nourrissaient et me nourrissent encore pour longtemps. En outre, ces émotions se sont cristallisées dans un sentiment intérieur profond de joie intérieure inaltérable et sereine. Comment était-ce possible ?

Relisant Hetty Hillsum, je tombais sur cette phrase : « Je veux me planter au beau milieu de ce que les gens appellent des “atrocités” et dire et répéter : “la vie est belle”. »

Hetty écrit cela dans son Journal intime le 8 octobre 1942. Un an plus tard, elle mourrait à Auschwitz.

Cette réflexion n’est pas juste une réaction isolée, mais bien une façon d’être au monde qui tient compte de tous les éléments contradictoires de la réalité, attitude qu’Etty a mûrie et fait éclore peu à peu, comme en témoigne cette réflexion, le 23 septembre 1942 : « C’est comme une petite vague qui remonte toujours en moi et me réchauffe, même après les moments les plus difficiles : “Comme la vie est belle pourtant !” C’est un sentiment inexplicable. Il ne trouve aucun appui dans la réalité que nous vivons en ce moment. Mais n’existe-t-il pas d’autres réalités que celle qui s’offre à nous dans le journal et dans les conversations irréfléchies et exaltées de gens affolés ? Il y a aussi la réalité de ce petit cyclamen rose indien et celle aussi du vaste horizon que l’on finit toujours par découvrir au-delà des tumultes et du chaos de l’époque. »

Une vérité double et énigmatique

Dans son ouvrage De l’émerveillement, Michael Edwards note que « le comble de l’émerveillement contient et la grande joie et la grande détresse ». En analysant Le Conte d’Hiver, il note que pour Shakespeare, l’émerveillement est « la réaction la plus intense et la plus vraie aux deux extrêmes de notre expérience, au pire absolu comme au meilleur absolu ». « L’écrivain et le peintre, poursuit Michael Edwards, créent normalement les signes de l’émotions ressentie, mais une des propriétés de la musique, lorsqu’elle atteint une certaine limite (comme dans quelques adagios de Beethoven), est de susciter un émerveillement où l’on ne sait jamais si l’on rit ou si l’on pleure, comme si la joie et la tristesse n’étaient pas simplement des émotions contrastées mais l’indice d’une vérité double et énigmatique au cœur du réel. »

Michael Edwards n’hésite pas à situer la « co-présence de la joie et de la tristesse au centre de l’expérience humaine ». L’extrême limite de l’émotion, qui caractérise le moment de l’émerveillement, nous donne parfois l’impression de déborder. Ce sentiment se retrouve dans les adages populaires : « exploser de joie » ou « être hors de soi ». Quand nous ressentons cet éclair de joie, nous nous retrouvons alors à la fois sur les hauteurs et dans les profondeurs de l’être et du monde.

La joie comme récompense

Ce mélange des sentiments est une expérience presque commune pour le marcheur et le montagnard. En effet, la marche, comme l’explique selon Frédéric Gros, auteur inspiré de Marcher, une philosophie, entraîne de la joie, mais aussi de la fatigue et de l’ennui. Pourtant, au bout de la marche, c’est la joie qui domine. « Après toute une journée de marche, le simple délassement pris à étendre les jambes, à se rassasier simplement, se désaltérer tranquillement et contempler un jour qui finit, un soir qui tombe doucement. Le corps sans fin ni soif, sans souffrances, le corps en repos, et de et de sentir simplement vivre cela suffit à la joie la plus haute, d’une intensité pure, d’une modestie absolue : celle de vivre, de se sentir ici, de goûter sa présence et celle du monde en harmonie. »

La marche, métaphore idéal de notre condition humaine de pèlerin, nous offre ici une belle leçon de vie : sans l’effort préalable, sans avoir vécu la faim, la soif ou l’ennui, cette joie ne serait pas advenue.

Nous faisons une expérience similaire en montagne. Avez-vous déjà observé la différence entre la découverte d’un panorama après une montée en voiture d’une demi-heure et celle d’une demi-journée de marche ? Dans le premier cas, nous sommes heureux de découvrir la beauté du spectacle, dans le second, nous sommes inondés d’un sentiment de plénitude et de joie intense. Car le panorama s’offre alors comme une récompense de la marche, comme un accomplissement, un aboutissement. Comme si là-haut, suite à l’effort, tout devenait léger, tous les nœuds de dénouaient pour libérer la joie et nous révéler à nous-mêmes. « Solvitur in excelsis. » La solution est au plus haut, sur les cimes. A condition toutefois, d’être venu des profondeurs, d’avoir arpenté le paysage intérieur en laissant le manque, la soif et la faim creuser en nous ce besoin d’absolu. Mais l’un ne va pas sans l’autre. Nous ne touchons la joie des dieux qu’à condition de garder les pieds dans la poussière du chemin, en compagnie de nos frères humains. Sans eux, personne avec qui partager la route, personne à qui laver les pieds, personne à qui offrir sa joie.

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Cette lettre du peintre Fra Angelico à un ami fait profondément écho au coaching.  Le coach n’a rien à offrir à son client que celui-ci ne possède déjà en lui. Mais il l’accompagne pour lui montrer comment accueillir ce qui est à sa portée, comment voir et regarder, comment toucher la main de l’ange…

Ami,

Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.
Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.
Prenez donc la paix.

L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a derrière cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir.
Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.
Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs. Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la sagesse, avec d’abondants pouvoirs.
Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’ange ; le don est là – ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.

La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la terre ne fait que recouvrir votre ciel. Courage donc pour le réclamer. Mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

Fra Angelico

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« Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie. »

Paul-Emile Victor

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L’émerveillement requiert l’esprit d’enfance.  Il faut une âme d’enfant pour retrouver cette capacité à s’étonner de la nouveauté. L’enfant n’est pas encore blasé comme l’adulte, qui croit avoir tout vu du monde.

papa et son filsL’enfant s’étonne encore de découvrir une fraise des bois sur le bord du chemin ; il peut jouer des heures avec une feuille et un bâton qu’il transforme au gré de son imagination en bateau ou en drapeau ; il se jette dans les bras de sa maman à la sortie de l’école sans crainte du qu’en dira-t-on… Il porte sur les êtres et les choses un regard encore neuf. Une multitude d’événements insolites traversent sa vie et le bouleversent. Et il vit ces événements avec la totalité de tout son être. L’enfant il laisse libre cours à ses émotions sans les réfréner, son corps les extériorise, son esprit les boit littéralement, transformant ces événements en expériences inscrites sur le papier buvard de sa mémoire.

Jusqu’à quel âge l’enfant garde-t-il intacte cette capacité ? Tout dépend de l’entourage, de l’éducation, de son propre éveil et de sa capacité à ressentir. Je me souviens de mon fils aîné, qui, subjugué par la magnificence du paysage au cours de ses premières vacances d’été à la montagne quand il avait sept ans, s’était écrié : « Je n’ai jamais rien vu de plus beau de toute ma vie ! » Magnifique expression compte tenu de son âge, mais elle manifestait bien la force de l’émerveillement qui l’avait saisi tout entier.

Combien d’adultes ont su garder cette simple joie d’exister, qui constitue l’esprit d’enfance.  Comme le souligne Frédéric Gros dans son livre Marcher, une philosopMarcherhie, exquise invitation à la marche à pied et recueil des bienfaits, physiques, intellectuels et spirituels qu’elle apporte au marcheur :

« La marche, en nous délestant, en nous arrachant à l’obsession du faire, nous permet d’à nouveau rencontrer cette éternité enfantine. S’émerveiller du jour qu’il fait, de l’éclat du soleil, de la grandeur des arbres, du bleu du ciel.  Je n’ai besoin pour cela d’aucune expérience, d’aucune compétence. C‘est précisément pourquoi il convient de se méfier de ceux qui marchent trop et trop loin : ils ont déjà tout vu et ne font que des comparaisons. L’enfant éternel, c’est celui qui n’a jamais rien vu d’aussi beau, parce qu’il ne compare pas. »

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  1. Qu’est-ce qui nous émerveille ?
  2. Qu’est-ce que cela change dans nos vies ?
  3. Savons-nous pourquoi et comment cela change quelque chose dans nos vies ?

Se poser ces questions et y répondre permet de prendre conscience de notre capacité d’émerveillement et du processus de changement qu’il provoque en nous. Se les poser de nouveau quelque temps plus tard peut nous aider à réaliser ce qui change, mais aussi ce qui demeure en nous et qui constitue notre être profond, c’est-à-dire ces valeurs qui guident notre vie.

Ces trois questions, posées à tous ceux qui veulent bien y répondre, seront publiées dans ce blog. N’hésitez donc pas à y répondre pour vous-mêmes et, si vous le souhaitez, à laisser votre commentaire.

 

Les réponses d’Armelle, mariée et mère de famille

 

Qu’est-ce qui t’émerveille ?

Tout ! Un coucher de soleil , le sourire d’un enfant, une fleur qui pousse, la nature qui s’éveille après un long hiver, l’oiseau qui pépie, mon fils — le voir devenir un adulte –, le sourire de Pierre après plus de 22 ans de mariage !… L’éventail est large et cela dépend de ce que je rencontre sur ma route dans la journée.

Qu’est-ce que cela change dans ta vie ?

Cela me rend joyeuse et me met de bonne humeur pour le restant de la journée ; m’émerveiller, c’est ma façon de prier et de remercier Dieu pour tous ses dons.

Sais-tu pourquoi et comment cela change quelque chose dans ta vie ?

Pouvoir s’émerveiller, c’est garder son âme d’enfant, se rendre compte de la beauté de chaque instant et en profiter. La vie est si fragile.

 

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Anne Ancelin Schützenberger« Les bonheurs, les petites joies de la vie font partie de l’existence et de la guérison et de l’envie de vivre ; et on n’y pense pas toujours assez« , écrit Anne Ancelin Schützenberger dans son livre Vouloir Guérir.

Bonheurs, petites joies de la vie, émerveillement… les mots changent selon les personnes, mais il s’agit toujours d’une même vision de l’existence : reconnaître et savourer les moments de grâce qui traversent notre vie pour la transformer en profondeur, apprendre à être toujours plus présent à soi et au monde, ici et maintenant ; puis dans un deuxième temps, apprendre à remercier pour ce que nous recevons et ce que nous sommes ; pour enfin, dans un troisième temps, partager et transmettre la joie qui s’éveille en nous.

Anne Ancelin Schützenberger voit dans cette apprentissage des petits bonheurs de la vie un levier de changement si puissant qu’elle le propose en « prescription médicale » dans l’accompagnement des malades du cancer. Evidemment pas à la place des soins médicaux indispensables (chirurgie, chimio…), mais comme un complément qui peut aider le malade sinon à guérir, du moins lui permettre de vivre différemment sa maladie et lui donner un sens.

Ainsi propose-t-elle au malade de dresser une liste des choses agréable à faire et d’en faire au moins quatre par jour. Espaces quotidiens de joie et de calme. Voici quelques éléments de sa liste :

  •  regarder le ciel, le soleil, les nuages, la lune, les étoiles…
  • voir la pluie tomber sur un arbre, regarder les gouttes…
  • écouter le chant des oiseaux…
  • observer les pigeons sur la fenêtre, ou nourrir les oiseaux…
  • voir grandir et fleurir une fleur…
  • parler au téléphone avec des amis…
  • recevoir des visites agréables…
  • […]

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