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GratitudeEt si l’émerveillement avait quelque chose à voir avec la gratitude ? Comme si pour apprendre à s’émerveiller, il fallait d’abord savoir dire : merci !

Quand je m’émerveille devant la lumière du soleil jouant dans les feuilles d’un arbre, l’odeur de terre humide sous la pluie du printemps ou le sourire tendre qui élargit les rides affectueuses d’une femme âgée, serait-ce donc un sentiment de gratitude qui m’amène à l’émerveillement ?

C’est ce affirme le psychologue américain Robert Emmons, qui a consacré sa carrière à la question de la gratitude :

« En route pour le travail, un jour ordinaire, voici que nous remarquons pour la première fois la beauté d’un lever de soleil, une prairie couverte de fleurs printanières, ou une formation d’oies migratrices en plein vol, et un émerveillement baigné de gratitude nous envahit soudain. »

Dans son livre Merci ! Quand la gratitude change nos vies (Editions Belfond, 2008), il assure que « la gratitude est une conscience lucide de recevoir quelque chose de bon. En l’éprouvant, nous nous rappelons les contributions des autres à notre bien-être. »

Recevoir la vie comme un cadeau

Mais qu’est-ce la gratitude ? D’abord une constatation du bien dans notre vie. « Avec la gratitude, nous disons oui à l’existence », remarque Robert Emmons. En second lieu, la gratitude est une reconnaissance du fait que la source de ce bienfait se trouve au moins en partie à l’extérieur de nous-mêmes : les autres personnes, Dieu, les animaux…

Emmons souligne également un des aspects essentiels de la gratitude, qui me paraît rejoindre de près la notion d’émerveillement, c’est le concept d’avantage immérité. Quand j’éprouve de la gratitude, je reconnais en effet n’avoir aucun droit attitré à recevoir ce cadeau ou ce bienfait reçu.

Même phénomène quand je m’émerveille : je reçois en moi quelque chose de totalement gratuit : le lever de soleil m’est donné gratuitement, je l’accueille sans aucun mérite de ma part, sauf peut-être de m’être levé plus tôt pour l’apercevoir et de m’être mis en état de le recevoir. Mais la beauté du soleil levant m’est donnée comme une grâce. Or la grâce ne se mérite pas, elle se reçoit comme un libre don. En somme, pour s’émerveiller, ne faut-il pas commencer par apprendre à recevoir simplement ce qui nous est donné et dire « merci ».

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Ombre et lumièreS’émerveiller en permanence ? Non, ce n’est pas possible, bien sûr. Nous sommes humains et la lourdeur du quotidien nous englue si souvent.

« Il y a des jours où mes yeux ne voient rien, reconnaît l’écrivain Christian Bobin. Rien  ne s’y reflète. La vie continue pourtant de m’envoyer des merveilles, mais c’est moi qui suis défaillant, à cause de mon impatience, de ma mauvaise humeur ou de mon angoisse. »

Alors que faire ? Et s’il n’y avait rien d’autre à faire que d’accueillir. Accueillir l’état présent. Simplement, mais c’est déjà beaucoup. En somme, ne rien faire. Se contenter d’être présent à l’instant qui vient, ici et maintenant. Reconnaître ses émotions et les accepter : c’est cela le premier pas qui compte ; le premier pas sans lequel il est si difficile de retirer un bienfait du moment présent, aussi difficile soit cet instant. Accepter l’aujourd’hui qui m’arrive, qui me parle de moi, des autres et du monde qui m’entoure.

M’accepter moi-même, accepter l’inattendu, car c’est dans l’ombre que la lumière devient visible, dans les profondeurs du sol que gisent les diamants, dans la crise que se forme mon être profond…

Et comme dit encore Christian Bobin, « les contraintes, les imprévus, la lourdeur du quotidien, je les accepte, car c’est parfois de ce qui me dessert le plus que va tout à coup arriver la grâce suprême. »

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