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Posts Tagged ‘émerveillement’

84089875Comment l’émerveillement vient-il ? Comment naît-il en nous ? Faut-il le vouloir, le faire advenir, se mettre « en état de » sentir l’émerveillement ?

Bref, y a-t-il une ou plusieurs méthodes  ? Une trousse à outils, un recueil de trucs et astuces pour émerveillement assuré ? Une science, estampillée par des experts ?

Et s’il n’y avait tout simplement pas de méthode pour se mettre en état d’émerveillé…

S’il s’agissait seulement de tout oublier.

S’il fallait d’abord et surtout savoir attendre.

Pas de méthode ? Y aurait-il contradiction avec ce que j’ai écrit, notamment Comment apprendre à voir des miracles dans le banal ? Non, il n’y a pas opposition. Car bien sûr il y a des moyens pour apprendre à découvrir comment s’émerveiller et comment sortir de nos vieux schémas invalidants et traumatiques. Oui, nous pouvons apprendre à changer notre regard et décider de suivre des chemins de vie, plutôt que ces voies mortelles dans lesquelles nous tournons en rond en remâchant le passé et notre statut de victime.

Décider de changer, c’est bien le préalable indispensable. Même si la décision suit des étapes aux périodes parfois longues et prend des formes variées selon les personnes, la décision de changer venant parfois presque malgré nous à la suite d’un traumatisme, d’une maladie, d’un accident, d’une épreuve violente.

Etape. Le mot est essentiel. Et quand je parle d’apprendre à attendre pour connaître l’émerveillement, je parle de cette première étape.

Qu’est-ce qui m’émerveille ?

Je ne le sais pas toujours.

Je ne le sais pas tous les jours.

Il y a des aubes grises, des après-midi sans soleil et des soirées solitaires. Il y a des moments où je n’entends plus le chant du monde, où je trouve l’autre et moi-même si lourds à porter.

S’ouvrir à l’inconnu

Comment faire ? Il n’y a plus aucun moyen qui vaille dans ces cas-là. Il ne me reste plus qu’à me mettre en état d’attente. Pas une attente inerte, mais une attente active : je me mets en disponibilité, j’ouvre mes sens à l’inconnu, à ce qui va advenir et que j’ignore encore.

L’autre, mon conjoint, mon collègue, mon enfant me plongent dans un état de stress, de tristesse ou de agressivité. Le même, qui la semaine ou l’année dernière me donnait des ailes et s’accordait « à merveille » à mon rythme, est aujourd’hui un facteur de réaction traumatique. Comment est-ce possible ? Et me voilà qui remâche intérieurement : il ou elle agit comme ça parce qu’il ou elle est toujours ceci ou cela, il ou elle ne changera jamais, etc.  Me voilà englué dans le cercle traumatique du ressassement intérieur, des phrases automatiques, des émotions négatives et des réactions décalées.

Plutôt que de réagir justement, je peux me mettre en état d’attente. Attendre sans rien attendre. Sans attendre ce que je crois savoir, ce que je crois connaître par cœur de moi et de l’autre. Ce moi et cet autre que je connais pourtant si mal en réalité.

Mais attendre, ça veut dire quoi ?

C’est la même question que pose un interlocuteur imaginaire dans l’ouvrage de François Roustang : Savoir attendre. Pour que la vie change. Et l’auteur lui répond :

« Pour le savoir, tu devrais te taire cinq minutes et te mettre en suspens, comme si tu étais un oiseau qui plane ou même un oiseau qui est arrêté dans l’air, ne sachant même plus s’il vole ou ne vole pas, s’il est là ou s’il n’est pas là. Il ne s’occupe plus de savoir ni ce qu’il est, ni ce qu’il veut, ni ce qu’il fait. »

Et son interlocuteur, après quelques minutes de silence, répond :

« Ah, mais ce n’est pas mal du tout. Je me sens calme… À vrai dire, je ne me sens rien du tout. »

Et le dialogue continue :

« – L’autre jour, quelqu’un m’a dit lors d’une séance : “Quand on est comme ça, on n’a plus d’humeur.” On ne se préoccupe plus de savoir si on a bien ou pas bien, si on est content ou pas content.
– Mais on ne peut pas rester comme ça tout le temps
– Bien sûr, mais tout de même ça peut durer comme si nous étions sans cesse en contact avec un fond, une base. Les agitations de la mer en surface n’empêchent pas qu’il y ait du silence loin en dessous. Et puis, on s’aperçoit que les choses qui nous troublaient dans notre existence, qui étaient plus ou moins en désordre, qui brouillaient notre vue, on s’aperçoit que ces choses sont mieux en place les unes par rapport aux autres. Surtout, on est plus disponible pour prendre d’un bon côté les événements. »

Voilà ce que je vous propose. La prochaine fois que vous vous sentez entrer en état de réaction négative et invalidante, prenez le temps d’attendre. Attendre avant d’agir. Attendre pour laisser naître en nous ce qui nous correspond profondément. Attendre pour nous ouvrir aux merveilles au fond de nous et aux merveilles à l’extérieur de nous.

 

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Quelques heures de fièvreUn extrait du récent roman d’Isabelle Desesquelles : Quelques heures de fièvre (Editions Flammarion), constitue une belle leçon de vie et d’émerveillement :

« Vous avez enchanté mon enfance. Grâce à vous, tout devenait gourmandise : la floraison des camé­lias, le passage des hirondelles, un orage d’été, les bogues éclatées des marronniers en automne.« 

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Cadeau« Je soutiendrais volontiers que les remerciements sont la plus haute forme de pensée et que la gratitude est un bonheur doublé d’émerveillement », assurait l’écrivain anglais G. K. Chesterton, qui garda toute sa vie un sens très juvénile de l’émerveillement, joint à un sens formidable de l’humour.

Selon lui, on ne manque jamais d’être heureux, car à chaque coin de la rue, un nouveau cadeau attend de nous surprendre. L’émerveillement nous attend à chaque instant si nous nous sommes mis en état de disponibilité, prêts à être surpris par ce qui nous entoure. L’émerveillé est le contraire d’un blasé : il est prêt à voir en toutes choses, en tout être du nouveau, de l’inattendu.

Mais comment arriver à cet état permanent de disponibilité au merveilleux, sans que ce sentiment ne devienne factice ou vaine tentative ? Pour Chesterton, « le test de tout bonheur est la gratitude ». Et cette gratitude consiste d’abord à savoir dire merci pour le don de la vie. « Les enfants sont reconnaissants quand le Père Noël dépose dans leurs bas des jouets ou des friandises, écrit-il dans Orthodoxie. Pourrais-je ne pas être reconnaissant envers le Père Noël d’avoir mis dans mes bas le cadeau de deux jambes merveilleuses? Nous remercions pour les cadeaux d’anniversaire […] Ne puis-je remercier personne pour le cadeau d’anniversaire de la naissance ? »

Comment être reconnaissant sans quelqu’un à remercier, se demandait Chesterton ? Cette question fut l’une de celles qui l’amena à se convertir au catholicisme à l’âge de quarante-huit ans. Que l’on soit croyant ou pas, être conscient du cadeau qu’est la vie est en tout cas le premier pas vers l’émerveillement.

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GratitudeEt si l’émerveillement avait quelque chose à voir avec la gratitude ? Comme si pour apprendre à s’émerveiller, il fallait d’abord savoir dire : merci !

Quand je m’émerveille devant la lumière du soleil jouant dans les feuilles d’un arbre, l’odeur de terre humide sous la pluie du printemps ou le sourire tendre qui élargit les rides affectueuses d’une femme âgée, serait-ce donc un sentiment de gratitude qui m’amène à l’émerveillement ?

C’est ce affirme le psychologue américain Robert Emmons, qui a consacré sa carrière à la question de la gratitude :

« En route pour le travail, un jour ordinaire, voici que nous remarquons pour la première fois la beauté d’un lever de soleil, une prairie couverte de fleurs printanières, ou une formation d’oies migratrices en plein vol, et un émerveillement baigné de gratitude nous envahit soudain. »

Dans son livre Merci ! Quand la gratitude change nos vies (Editions Belfond, 2008), il assure que « la gratitude est une conscience lucide de recevoir quelque chose de bon. En l’éprouvant, nous nous rappelons les contributions des autres à notre bien-être. »

Recevoir la vie comme un cadeau

Mais qu’est-ce la gratitude ? D’abord une constatation du bien dans notre vie. « Avec la gratitude, nous disons oui à l’existence », remarque Robert Emmons. En second lieu, la gratitude est une reconnaissance du fait que la source de ce bienfait se trouve au moins en partie à l’extérieur de nous-mêmes : les autres personnes, Dieu, les animaux…

Emmons souligne également un des aspects essentiels de la gratitude, qui me paraît rejoindre de près la notion d’émerveillement, c’est le concept d’avantage immérité. Quand j’éprouve de la gratitude, je reconnais en effet n’avoir aucun droit attitré à recevoir ce cadeau ou ce bienfait reçu.

Même phénomène quand je m’émerveille : je reçois en moi quelque chose de totalement gratuit : le lever de soleil m’est donné gratuitement, je l’accueille sans aucun mérite de ma part, sauf peut-être de m’être levé plus tôt pour l’apercevoir et de m’être mis en état de le recevoir. Mais la beauté du soleil levant m’est donnée comme une grâce. Or la grâce ne se mérite pas, elle se reçoit comme un libre don. En somme, pour s’émerveiller, ne faut-il pas commencer par apprendre à recevoir simplement ce qui nous est donné et dire « merci ».

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Anne Ancelin Schützenberger« Les bonheurs, les petites joies de la vie font partie de l’existence et de la guérison et de l’envie de vivre ; et on n’y pense pas toujours assez« , écrit Anne Ancelin Schützenberger dans son livre Vouloir Guérir.

Bonheurs, petites joies de la vie, émerveillement… les mots changent selon les personnes, mais il s’agit toujours d’une même vision de l’existence : reconnaître et savourer les moments de grâce qui traversent notre vie pour la transformer en profondeur, apprendre à être toujours plus présent à soi et au monde, ici et maintenant ; puis dans un deuxième temps, apprendre à remercier pour ce que nous recevons et ce que nous sommes ; pour enfin, dans un troisième temps, partager et transmettre la joie qui s’éveille en nous.

Anne Ancelin Schützenberger voit dans cette apprentissage des petits bonheurs de la vie un levier de changement si puissant qu’elle le propose en « prescription médicale » dans l’accompagnement des malades du cancer. Evidemment pas à la place des soins médicaux indispensables (chirurgie, chimio…), mais comme un complément qui peut aider le malade sinon à guérir, du moins lui permettre de vivre différemment sa maladie et lui donner un sens.

Ainsi propose-t-elle au malade de dresser une liste des choses agréable à faire et d’en faire au moins quatre par jour. Espaces quotidiens de joie et de calme. Voici quelques éléments de sa liste :

  •  regarder le ciel, le soleil, les nuages, la lune, les étoiles…
  • voir la pluie tomber sur un arbre, regarder les gouttes…
  • écouter le chant des oiseaux…
  • observer les pigeons sur la fenêtre, ou nourrir les oiseaux…
  • voir grandir et fleurir une fleur…
  • parler au téléphone avec des amis…
  • recevoir des visites agréables…
  • […]

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couelurs8e jour : Anne-Marie est passée à une nouvelle page… et a changé en même temps de couleur. La première feuille était rose, celle-ci est bleue. La suivante sera jaune, la quatrième verte, la cinquième lilas… Un véritable kaléidoscope ! Le Journal des Merveilles d’Anne-Marie est une symphonie de couleurs.

Je n’ai jamais demandé à Anne-Marie pourquoi elle avait d’emblée décidé de tenir son journal sur ces feuilles. N’avait-elle que celles-ci sous la main, n’utilisait-elle que ce genre de feuilles, les avait-elle choisies volontairement pour cet usage-ci ? Je l’ignore, même si ce choix, quel qu’il soit, ne paraît pas anodin.

Preuve en serait le 10e jour (sur la deuxième feuille, bleue) : Anne-Marie note :

« Visionnage sur un CD de photos de famille. Grand plongeon vers l’époque de mes arrières grands-parents et lente remontée jusqu’en 1985. Passage du noir et blanc à la couleur… de la jeunesse à plus tard ! »

Etonnamment, mais est-ce étonnant ?, j’ai partagé le même sentiment, ayant l’impression qu’Anne-Marie passait du noir et blanc à la couleur au fur et à mesure de nos séances de coaching.

Autre observation, Anne-Marie a besoin de plonger dans ses racines, son enfance et sa jeunesse pour retrouver la source de son émerveillement. Plongée indispensable pour re-connaître son identité à travers les merveilles et les couleurs de l’enfance.

Fais Seigneur, fais que le temps de son enfance ressuscite dans son coeur ;
Ouvre-lui de nouveau le monde des merveilles de ses premières années pleines de pressentiments.
” (Rainer Maria Rilke)

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Ombre et lumièreS’émerveiller en permanence ? Non, ce n’est pas possible, bien sûr. Nous sommes humains et la lourdeur du quotidien nous englue si souvent.

« Il y a des jours où mes yeux ne voient rien, reconnaît l’écrivain Christian Bobin. Rien  ne s’y reflète. La vie continue pourtant de m’envoyer des merveilles, mais c’est moi qui suis défaillant, à cause de mon impatience, de ma mauvaise humeur ou de mon angoisse. »

Alors que faire ? Et s’il n’y avait rien d’autre à faire que d’accueillir. Accueillir l’état présent. Simplement, mais c’est déjà beaucoup. En somme, ne rien faire. Se contenter d’être présent à l’instant qui vient, ici et maintenant. Reconnaître ses émotions et les accepter : c’est cela le premier pas qui compte ; le premier pas sans lequel il est si difficile de retirer un bienfait du moment présent, aussi difficile soit cet instant. Accepter l’aujourd’hui qui m’arrive, qui me parle de moi, des autres et du monde qui m’entoure.

M’accepter moi-même, accepter l’inattendu, car c’est dans l’ombre que la lumière devient visible, dans les profondeurs du sol que gisent les diamants, dans la crise que se forme mon être profond…

Et comme dit encore Christian Bobin, « les contraintes, les imprévus, la lourdeur du quotidien, je les accepte, car c’est parfois de ce qui me dessert le plus que va tout à coup arriver la grâce suprême. »

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