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A mon article sur le moyen de « faire le vide en soi, préalable à tout accompagnement », Eva Matesanz (http://vous-et-voies.com) a répondu par ce magnifique commentaire : « Je me prends à découvrir comment je fais le plein en moi avant chaque rencontre. Le plein de moi-même… Ce qui revient à ce que vous dites en termes d’accueil du client tel qu’il vient, sans chercher à lui plaquer technique ou idée préconçue. Je me plaquerais donc contre lui, moi-même, de tout mon poids pour sentir et lui rendre le sien ? Poids, puissance… »

Eva trace ici une autre piste essentielle du coaching et de l‘accompagnement en général : me débarrasser de mes théories et de mes savoirs antérieurs me permet de donner toute la place à la riche singularité de mon client… et à la mienne. Comme elle l’exprime très joliment : « Je me plaquerais donc contre lui, moi-même, de tout mon poids pour sentir et lui rendre le sien. » Ces deux forces en présence s’enrichissent l’une l’autre et donnent toute sa puissance à la relation qui est en train de se construire. De cet échange peut naître alors l’alliance qui va nourrir les séances à venir.

C’est bien parce que j’ai fait le vide en moi que je me suis mis en condition d’être émerveillé par mon client. Etre émerveillé, c’est-à-dire recevoir en moi les merveilles qui surgissent de cette personne que j’accueille et que je découvre peu à peu dans une relation de confiance, laquelle se construit au fur et à mesure de notre échange. Ces merveilles sont encore pratiquement inexprimées, elles sont imperceptibles et probablement inconnues de leur auteur. Sans le savoir, il me les offre, comme s’il me disait : « Voyez s’il y a quelque chose à garder. Croyez-vous qu’il y ait de l’or dans tout ce sable, des diamants dans cette boue ? »

A moi de tout recevoir. Nous ferons le tri ensemble plus tard. Je ne sais pas encore ce que mon client souhaite garder ou pas. Transformera-t-il l’or en bijou, en lingot ou le vendra-t-il pour acheter autre chose ?

Et le sable, le rejettera-t-il ? Celui-ci peut servir comme mélange avec le ciment pour construire les murs ; il peut être chauffé pour devenir verre ou cristal ; il peut recouvrir le chemin nouveau qui s’ouvre ou simplement créer une plage au bord de la mer où me reposer sous le soleil…

La richesse de mon client vient s’unir à la mienne. Nos richesses s’ajoutent et se multiplient dans un mélange unique, inédit, instable, en évolution permanente. A chaque séance, il est nouveau, chaque particule s’échangeant en permanence comme à l’intérieur d’un réacteur nucléaire. Entre chaque séance, la réaction change, évolue…

Mais ce cœur nucléaire de la relation, une fois lancé, n’a plus qu’à être alimenté à chaque nouvelle rencontre par le transfert de nos richesses mutuelles.

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Cette lettre du peintre Fra Angelico à un ami fait profondément écho au coaching.  Le coach n’a rien à offrir à son client que celui-ci ne possède déjà en lui. Mais il l’accompagne pour lui montrer comment accueillir ce qui est à sa portée, comment voir et regarder, comment toucher la main de l’ange…

Ami,

Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.
Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.
Prenez donc la paix.

L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a derrière cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir.
Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.
Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs. Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la sagesse, avec d’abondants pouvoirs.
Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’ange ; le don est là – ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.

La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la terre ne fait que recouvrir votre ciel. Courage donc pour le réclamer. Mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

Fra Angelico

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couelurs8e jour : Anne-Marie est passée à une nouvelle page… et a changé en même temps de couleur. La première feuille était rose, celle-ci est bleue. La suivante sera jaune, la quatrième verte, la cinquième lilas… Un véritable kaléidoscope ! Le Journal des Merveilles d’Anne-Marie est une symphonie de couleurs.

Je n’ai jamais demandé à Anne-Marie pourquoi elle avait d’emblée décidé de tenir son journal sur ces feuilles. N’avait-elle que celles-ci sous la main, n’utilisait-elle que ce genre de feuilles, les avait-elle choisies volontairement pour cet usage-ci ? Je l’ignore, même si ce choix, quel qu’il soit, ne paraît pas anodin.

Preuve en serait le 10e jour (sur la deuxième feuille, bleue) : Anne-Marie note :

« Visionnage sur un CD de photos de famille. Grand plongeon vers l’époque de mes arrières grands-parents et lente remontée jusqu’en 1985. Passage du noir et blanc à la couleur… de la jeunesse à plus tard ! »

Etonnamment, mais est-ce étonnant ?, j’ai partagé le même sentiment, ayant l’impression qu’Anne-Marie passait du noir et blanc à la couleur au fur et à mesure de nos séances de coaching.

Autre observation, Anne-Marie a besoin de plonger dans ses racines, son enfance et sa jeunesse pour retrouver la source de son émerveillement. Plongée indispensable pour re-connaître son identité à travers les merveilles et les couleurs de l’enfance.

Fais Seigneur, fais que le temps de son enfance ressuscite dans son coeur ;
Ouvre-lui de nouveau le monde des merveilles de ses premières années pleines de pressentiments.
” (Rainer Maria Rilke)

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Six jours après le début de son Journal des Merveilles, Anne-Marie note ces simples mots : « Je cherche encore…« 

Trois mots et trois petits points. Léger ? Ou très lourd au contraire d’aller creuser si loin et ne rien rapporter. 

Il y a des jours comme ça, sans émerveillements. Des jours sans couleurs. Du moins en apparence.

Mais il faut aussi des jours gris, des jours d’orage et des ciels noirs pour faire ressortir les jours en rose, les instants de lumière et les nuits étoilées.

Il y a des séances de coaching comme ça (et plus souvent encore en thérapie), où le client pourrait dire à la fin de la séance : « Je cherche encore… » Et nous le savons, ce sont a contrario parfois les séances finalement les plus bénéfiques, signe que le client se trouve confronté à un obstacle majeur… et donc qu’il se trouve proche d’une solution à son problème ou à une partie de son problème.

Au passage, c’est aussi le coach qui peut se sentir « vide ». Rempli du vide de son client, de ses silences, de ses difficultés à nommer son désarroi, de ses réflexions qui se terminent en cul de sac ou qui tournent en boucle… Mais est-ce moi, coach, qui dessinne ces chemins sur ma carte intérieur. Ou bien le client qui les emprunte ? Finalement, est-ce important ?  Dans mes permiers coachings, j’avais tendance à me laisser envahir par ma peur du vide. Ou de mon vide ? Peur de n’être pas « utile » à mon client. Désormais (après avoir apporté ces cas en supervision), je me laisse désormais aller pour entrer en résonnance avec mon client.

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Faire confiance

Selon les cas, je vais accueillir cette impression et laisser le client dévider son fil d’Ariane dans les dédales de son problème et lui faire confiance : il peut tout aussi bien retrouver lui-même son chemin ou découvrir un passage secret qu’il ne soupçonnait pas. C’est peut-être en errant dans les couloirs qu’il va trouver une sortie ou un passage. Si je ne l’avais pas laissé divaguer, il n’aurait pas trouvé la porte dérobée… Et du coup, lui être utile s’il a besoin à un moment de sa  lampe de poche qu’il a laissé tomber ou de son couteau suisse perdu au fond du sac.

Je peux aussi soumettre mon impression à mon client :

J’ai l’impression que nous tournons en boucle. Et cela me met mal à l’aise. Qu’en pensez-vous ?

Question ouverte, mille réponses possibles. Et alliance avec mon client. Ou au contraire, confrontation dont il va ressortir avec une solution : à force de taper sur le mur du problème, celui-ci s’écroule ; ou à force de crier dans le noir, c’est l’écho de la voix qui donne la direction…

A l’extrême, la séance reste en apparence sans solution, terne, neutre… Au fond du trou, le client « cherche encore« . Et il repart avec le sentiment de creuser pour rien. Et c’est peut-être dans l’entre-séance qu’il va trouver sa solution. Au fond du trou, ou en ressortant.

Reste une question : faut-il chercher l’émerveillement, encore et encore ? L’illumination demande-t-elle un effort ? Ce sera le sujet d’un autre post ou de vos commentaires.

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