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Posts Tagged ‘Christian Bobin’

Ombre et lumièreS’émerveiller en permanence ? Non, ce n’est pas possible, bien sûr. Nous sommes humains et la lourdeur du quotidien nous englue si souvent.

« Il y a des jours où mes yeux ne voient rien, reconnaît l’écrivain Christian Bobin. Rien  ne s’y reflète. La vie continue pourtant de m’envoyer des merveilles, mais c’est moi qui suis défaillant, à cause de mon impatience, de ma mauvaise humeur ou de mon angoisse. »

Alors que faire ? Et s’il n’y avait rien d’autre à faire que d’accueillir. Accueillir l’état présent. Simplement, mais c’est déjà beaucoup. En somme, ne rien faire. Se contenter d’être présent à l’instant qui vient, ici et maintenant. Reconnaître ses émotions et les accepter : c’est cela le premier pas qui compte ; le premier pas sans lequel il est si difficile de retirer un bienfait du moment présent, aussi difficile soit cet instant. Accepter l’aujourd’hui qui m’arrive, qui me parle de moi, des autres et du monde qui m’entoure.

M’accepter moi-même, accepter l’inattendu, car c’est dans l’ombre que la lumière devient visible, dans les profondeurs du sol que gisent les diamants, dans la crise que se forme mon être profond…

Et comme dit encore Christian Bobin, « les contraintes, les imprévus, la lourdeur du quotidien, je les accepte, car c’est parfois de ce qui me dessert le plus que va tout à coup arriver la grâce suprême. »

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EcriturePourquoi noter les émerveillements du quotidien ? Quel bénéfice en recueillir ? Réponse avec l’écrivain Christian Bobin :

« Il y a des visages, des paroles, des rencontres, qui m’ont frappé, parfois c’est la feuille d’un arbre qui tombe, la fuite d’un nuage dans le ciel… Des quantités de miracles qui, si je ne les avais pas noté, auraient glissé dans le néant du sans-mémoire, du sans-parole, du non-partagé. Je me suis aperçu que les choses qui ne sont pas notées se perdent à jamais. L’écriture garde la trace de ce qui était fragile, éphémère et si vital. Elle permet de maintenir le vol même de la vie. » (Psychologies Magazine, avril 2008).

L’écriture nous permet de ne pas oublier, mais aussi finalement de nourrir notre énergie vitale.

Comment ? En prenant conscience de ce qui se passe en nous. De réaliser ce qui change et qui demeure dans notre vie au fil des jours. De sentir notre être profond à travers les émotions qui nous traversent et nous parlent de nous-mêmes. Emotions qui nous construisent également et nourrissent notre personnalité.

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Le merveilleux est-il toujours extraordinaire, exceptionnel ? Non, bien sûr. Comme dit Christian Bobin, « dans le banal, je vois des miracles ». L’écrivain en sait quelque chose, lui, l’ermite du Creusot, qui ne cesse d’invoquer de livre en livre la « grâce des vies simples ».

De quoi s’agit-il ? C’est une vie, nous dit-il, « qui ne se soucie pas trop d’un ailleurs, ou plutôt qui va chercher l’ailleurs sous ses pieds ». C’est une vie, précise-t-il, « qui cherche partout la gaieté, même et surtout dans les moments obligés, inévitables qu’il aurait été si facile de vivre en somnambules. C’est une vie qui ne renonce jamais à être surprise. »

Petit exercice pour apprendre à voir des miracles dans le quotidien :

1- Vous allez à votHappyre travail le matin :

  • – en bus ou dans le métro , amusez-vous à regarder les personnes autour de vous. Notez ce qu’elles ont d’extraordinaire, notez un sourire, une personne qui vous laisse passer, un merci, un pardon, une conversation, une posture, le livre qu’un tel lit…
  • – en voiture : changez de chemin pour être surpris ou sinon, tachez de regarder les détails que vous ne regardez jamais : un coin de ciel bleu, un arbre isolé, une maison différente des autres… essayez d’imaginer cet arbre, sa croissance, comment il était il y 15 ans, 30 ans, ce qu’il sera dans 15 ans, toutes les personnes qu’il a vu passer, l’alternance des saisons, ce qu’il dit de lui, ce qu’il dit de vous, le rapport que vous entretenez finalement avec lui au fil des jours…

2 – retenez au moins une idée chaque jour sur votre trajet.

3 – une fois arrivé à votre travail ou le soir chez vous, notez cet émerveillement du jour sur un carnet, un journal, votre ordinateur… Vous pouvez écrire très simplement, ne vous forcez pas si vous n’avez pas envie de faire de belles phrases ; l’essentiel est de faire nôtre ces moments, ces émotions, ces sentiments.

4 – Astreignez-vous à écrire pendant au moins un mois d’affilé. Au bout d’un mois, relisez vos notes et demandez-vous ce que cela vous a apporté, ce que cela a changé en vous. Et continuez si le cœur vous en dit. Ou bien arrêtez votre journal, mais gardez l’habitude de « voir des miracles dans le banal », comme dit Christian Bobin.

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