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Archive for the ‘Citations’ Category

Cette lettre du peintre Fra Angelico à un ami fait profondément écho au coaching.  Le coach n’a rien à offrir à son client que celui-ci ne possède déjà en lui. Mais il l’accompagne pour lui montrer comment accueillir ce qui est à sa portée, comment voir et regarder, comment toucher la main de l’ange…

Ami,

Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.
Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.
Prenez donc la paix.

L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a derrière cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir.
Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.
Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs. Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la sagesse, avec d’abondants pouvoirs.
Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’ange ; le don est là – ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.

La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la terre ne fait que recouvrir votre ciel. Courage donc pour le réclamer. Mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

Fra Angelico

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Dans son livre  Un homme sans larmes, l’écrivain Pascale Roze, Goncourt 1996 pour son premier roman Le Chasseur Zéro, part sur les traces du poète latin Horace pour y retrouver les fondements personnel d’une philosophie de la joie. Une leçon de vie qui revient à mettre au cœur de l’existence la capacité à s’émerveiller des choses simples, quotidiennes, presques banales, cette faculté d’éprouver la joie même dans les pires moments.

« Simplement m’asseoir dans l’herbe, écouter brouter les vaches, regarder le ciel étoilé, répondre à un sourire ou l’offrir, manger, boire, dormir, lire et écrire ce qui me fait plaisir au-dedans de moi-même, m’occuper de mon jardin qui n’est qu’un lopin de terre. Il me faut si peu. Je me contente de si peu. Il arrive que cette pensée m’attriste, ou que m’angoisse l’idée de ce que j’ignore, de ce que je délaisse. Mais c’est un sentiment presque malhonnête car très vite m’enflamme à nouveau la certitude de la chance que j’ai à savoir goûter d’être vivante dans ce monde-là, dans précisément les limites de ce monde-là. Et ce, sans avoir besoin de la moindre raison. […]

Le bonheur est d’autant plus troublant, bouleversant, puissant, que le désastre existe. Dans les peines intenses que la vie nous inflige, des plaisirs infimes comme la survenue d’une odeur dans la rue, ou le visage avenant d’un inconnu – qu’on aurait ignoré si on allait bien, si on n’avait pas le cœur noyé de souffrances – peuvent suffire à vous ramener à la vie. Comme si le malheur nous ouvrait davantage les yeux à la gratitude. Comme s’il y avait malgré tout quelque chose à quoi il faille dire merci, même à l’hôpital, même dans un asile, même dans une prison. Il y a des gens capables d’éprouver la joie dans le plus grand désastre. Germaine Tillion dit que sa mère était de ceux-là à Ravensbrück. À Ravensbrück, elle offrait sa joie. Elle n’était certainement pas de résignation. »

(Pascale Roze, Un homme sans larmes, p. 120-121 de l’édition brochée, Stock 2005.)

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« Si nous étions présents à nous-même, si nous ne nous absentions pas en regrets ou désirs, nous dilaterions notre existence, nous ne perdrions aucune parcelle de vie. Nous ne nous étonnons pas assez, nous ne nous émerveillons qu’occasion­nellement. »

Colette Nys-Mazure, Célébration du quotidien

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« Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie. »

Paul-Emile Victor

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Petites faimsPeut-on être heureux ? Cela s’apprend-il ? Faut-il gagne au loto ou devenir président de la République ? Et s’il fallait seulement apprendre à recueillir les minuscules miracles du quotidien, comme les appelle Marc Solal dans son livre si délicieux : Petites faims. Extrait du chapitre 2, où une mère écrit à son fils avant de mourir. Une recette à se transmettre de génération en génération.

« Ces dernières années m’ont comblée de bonheur. Chaque jour, je faisais une promenade jusqu’au hameau voisin, recueillant sur le chemin les minuscules miracles du quotidien : l’herbe blanchie par le givre, le reflet du ciel dans une mare, au loin, le son étouffé d’une cloche. Quand je revenais dans ma petite maison, j’allumais un feu de bois dont le crépitement était devenu la seule musique dont j’avais besoin. Je me préparais un repas simple : une soupe, un gratin, une salade de mon potager. Je passais la plus grande partie de la journée à lire près de l’âtre.

« Avant de quitter ce monde, je voulais te faire part de deux ou trois secrets. Te souviens-tu que tu me demandais toujours ce qui rendait ma soupe au potiron si délicieuse ? Il suffit d’y ajouter une ou deux châ¬taignes. Et mon risotto ne ressemblait à aucun autre car je remplaçais le vin blanc par du saké japonais. Pour réaliser mon fameux gigot de sept heures, ton plat favori, rien n’est plus simple : après l’avoir longuement massé avec un mélange d’huile d’olive, d’ail, de romarin, il faut y mettre quelques pincées de cannelle, de cumin, et surtout y ajouter le jus d’un citron. C’est ça le truc ! L’acidité du citron vient parfaitement souligner le goût de l’agneau. Voilà les petites astuces qui te permettront de retrouver les saveurs de la cui¬sine de ton enfance. […] »

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Quelques heures de fièvreUn extrait du récent roman d’Isabelle Desesquelles : Quelques heures de fièvre (Editions Flammarion), constitue une belle leçon de vie et d’émerveillement :

« Vous avez enchanté mon enfance. Grâce à vous, tout devenait gourmandise : la floraison des camé­lias, le passage des hirondelles, un orage d’été, les bogues éclatées des marronniers en automne.« 

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« Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement. »

Gilbert Keith Chesterton

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