S’émerveiller en permanence ? Non, ce n’est pas possible, bien sûr. Nous sommes humains et la lourdeur du quotidien nous englue si souvent.
« Il y a des jours où mes yeux ne voient rien, reconnaît l’écrivain Christian Bobin. Rien ne s’y reflète. La vie continue pourtant de m’envoyer des merveilles, mais c’est moi qui suis défaillant, à cause de mon impatience, de ma mauvaise humeur ou de mon angoisse. »
Alors que faire ? Et s’il n’y avait rien d’autre à faire que d’accueillir. Accueillir l’état présent. Simplement, mais c’est déjà beaucoup. En somme, ne rien faire. Se contenter d’être présent à l’instant qui vient, ici et maintenant. Reconnaître ses émotions et les accepter : c’est cela le premier pas qui compte ; le premier pas sans lequel il est si difficile de retirer un bienfait du moment présent, aussi difficile soit cet instant. Accepter l’aujourd’hui qui m’arrive, qui me parle de moi, des autres et du monde qui m’entoure.
M’accepter moi-même, accepter l’inattendu, car c’est dans l’ombre que la lumière devient visible, dans les profondeurs du sol que gisent les diamants, dans la crise que se forme mon être profond…
Et comme dit encore Christian Bobin, « les contraintes, les imprévus, la lourdeur du quotidien, je les accepte, car c’est parfois de ce qui me dessert le plus que va tout à coup arriver la grâce suprême. »
Cesser d’être dans l’attente d’un “toujours plus” est le départ pour aller mieux.
Ensuite, regarder ce que l’on a, plutôt que ce que l’on a pas.
Le 2° pas est fait vers le bonheur !
Merci, Emma, de nous ouvrir à ce 2e pas vers le bonheur : apprendre à regarder ce que nous avons et aimer ce que nous sommes. “Ce fut ma première conversion, ne plus consacrer tous mes efforts à ce que je veux devenir, mais habiter vraiment ce que je suis”, confie Alexandre Jollien dans son livre “La construction de soi”.
Emmanuel Bourceret
D’ailleurs, si ça peut aider, j’ai d’autres recettes !
Avec un peu plus de sérieux, ce qui manque le plus aux gens qui ne sont pas heureux, c’est le profond désir de l’être ! Je constate tellement que certaines personnes se complaisent à dire qu’il leur manque toujours quelque chose (et le plus souvent c’est un bien, donc monnayable).
Ce qui nous manque souvent, ce n’est pas d’”avoir” davantage, mais d’”être” plus. Nous croyons combler nos dérirs en possédant encore davantage, alors que le manque ne peut se remplir qu’en faisant de la place à l’autre et au déploiement de nos ressources intérieures.
Je crois qu’avant de faire de la place à l’autre, en pensant combler nos manques par sa présence, ou, pire, en pensant donner pour cacher nos manques, il faut simplement être bien, seul.